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Elections 2007: le jour d'après Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Ralph   
19-06-2007

Elections 2007, le jour d'après

Une élection comme les autres…



Voilà, l'élection 2007, c'est fini. La gauche à réussi à réduire «in extremis» son écart dans le dernier sprint avant l'arrivée du 17 juin. Je ne reviendrai pas sur ces résultats que tout le monde connait et qui sont à mes yeux de piètre importance. Au contraire, il me semble plus intéressant de poser un regard synthétique sur les forces en jeu et de mettre ainsi en perspective les attributs de ce rêve démocratique que nous perpétuons élections après élections. 
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  "En avant demi" - photo Ralph © FIL 2007
Que le PS obtienne quelques dizaines de sièges en plus ou que l'UMP remporte une majorité écrasante, qu'est-ce que cela change vraiment? Le rapport de force à l'Assemblée nationale est de toute façon clairement défini avec une UMP majoritaire et donc, sans besoin d'alliance pour aucun sujet. Majorité signifie donc règne sans partage. Mais ce rapport de force, à cause de l'aspect fatalement réducteur du suffrage majoritaire, est très loin de représenter l'ensemble du peuple français.

Ce manque de représentativité populaire de l'Assemblée nationale réduit déjà de facto son importance politique. A cela s'ajoute le fait que dans un système de polarisation gauche-droite, avec une majorité et une opposition, les jeux sont faits d'avance. Les députés, ayant fait vœux d'allégeance aux consignes de leur partis, n'ont pratiquement aucune marge de manœuvre. Ces différents handicaps de l'Assemblée nationale explique ce relatif désintérêt que les Français expriment indirectement par le taux d'abstention élevé en comparaison avec celui de l'élection présidentielle.

Mais en démocratie, moins les institutions politiques sont représentatives, moins les débats d'importance se tiennent en leur sein. C'est probablement pour cette raison de désuétude de ses institutions politiques par rapport à d'autres démocraties modernes que le peuple français se complait autant à descendre dans la rue pour manifester ou bruler des voitures. D'un autre côté, en France comme dans ces autres démocraties, les médias jouent un rôle prépondérant pour le débat politique et cela d'autant plus que ce débat ne trouve que peu ou prou un cadre d'expression dans les instances législatives.

Les Français ont donc décidés de rester dans le système éprouvé de la bipolarisation où les uns congédient ce ou ceux que les autres ont mis en place et ceci à tour de rôle dominant, dans une parfaite réciprocité. Chaque polarité a son train d'argument, ses recettes miracles qui ont fait leur preuve de longues dates et qui on conduit notre pays là où il se trouve maintenant. Les arguments sont à  peu de chose près toujours les mêmes. Les seuls aspects qui varient un peu sont le personnage qui les annone, son charme ou son talent, soit les déterminants de sa force de persuasion.

Dans le meilleur des cas, ces discours partisans n'ont même pas l'heur de convaincre ceux qui les profèrent, ce qui est plutôt un signe d'intelligence. Les discoureurs n'ont pas non plus la prétention de convaincre ceux du camp d'en face qui n'ont de toute façon pas le droit de changer d'opinion, faute de quoi ils risqueraient leur excommunication. cette dernière prononcée par les plus hautes instances de leur parti. Ces discours sont là pour convaincre les Français, électeurs ou peuple qui descend mettre le désordre dans la rue quand il se met à penser par lui-même.

Mais qui sommes nous donc pour nous laisser, élection après élection, bercer par les mêmes lénifiantes promesses? Chaque fois on nous fait miroiter une amélioration de notre situation, sans sacrifices désagréables, sans prix à payer, du pure bonus, et chaque fois les votations derrière, on se réveille avec la gueule de bois. Hier, dans cette ivresse des discours optimistes, nous étions portés par ces rêves emphatiques mais aujourd'hui, la réalité prosaïque reprend le dessus et le réveil est douloureux.

On nous promettait une augmentation du pouvoir d'achat, travailler plus pour gagner plus et maintenant, on nous parle de TVA sociale, sans doute maladroitement il est vrai puisqu'on a apparemment oublié que les élections législatives n'étaient pas encore tout à fait jouées. Malgré cette anecdote, ces propos sont loin de vouloir jeter plus la pierre aux uns qu'aux autres. Les discours, les attitudes et les enjeux sont les mêmes dans les deux camps.

Allons-nous donc toujours perpétuer ces schémas, Allons-nous, à peine déssoûlé, reboire à la même source de promesses électorales et reporter à nouveau nos espoirs sur une prochaine élection? Ou devrions-nous démissionner de notre fonction d'électeur dans une lucidité nouvelle sur l'authenticité de ces discours politiques? Ou encore allons-nous soutenir la prochaine fois un candidat qui nous semble tenir des propos honnêtes, parce que exempt de promesses, et qui n'est pas subordonné à la mafia des influences de la polarisation gauche-droite?

A chacun de répondre lui-même à ces questions tout en se demandant peut-être aussi quelle est la part du pouvoir de décision qui reste entre les mains de la classe politique dans une économie globalisée. Mais ceci est une autre histoire…


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