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Nicolas Sarkozy au G8, où est l'alcotest ? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par François   
12-06-2007

Mr Beens au G8: un président se montrant vulnérable finirait bien par devenir attachant.

Un extrait de la conférence de presse donné par Sarkozy à  Heiligendamm, jeudi 7 juin à 17h30, après son entretien avec Poutine. Ce côté humain de Sarkozy que révèle ce clip ne peut que faire du bien à son image. Qui peut se passionner à long terme pour un héros sans faiblesse? Si la force inspire l'admiration, la vulnérabilité attire plutôt la sympathie. Sarkozy ayant atteint le poste tant convoité et n'ayant plus rien à prouver, il est possible qu'il parvienne maintenant à se détendre un peu et avec lui, la France aussi…

 

Sarkozy bourré

Heiligendamm, jeudi 7 juin, 17h30

 

Source: La Deux / youTube

Cet extrait a été diffusé sur de nombreuses chaines TV. La version présentée ici est sur youTube, ce qui vous permet de naviguer vers les autres sujets associés proposés par ce site.

Durée[m:s]: 0:49

 

   


Compte rendu de Richard Werly, Le Temps, 13 juin 2007.


Oui, Nicolas Sarkozy avait bien l'air bizarre pour sa toute première conférence de presse donnée lors d'un G8.

Je vous parle en connaissance de cause. J'étais au troisième rang, juste devant la caméra dont les images du président français circulent aujourd'hui abondamment sur l'internet. Ceux qui avaient pu, comme moi, atteindre le centre de briefing d'Heiligendamm étaient pour la plupart dans la salle. Presque un exploit: les protestataires anti-G8 ayant bloqué le train à vapeur reliant le centre de presse à la salle de briefing, distants d'une dizaine de kilomètres, les rescapés avaient été convoyés dans l'après-midi en bateau.... ou en hélicoptère. Beaucoup de journalistes français, coincés et furieux, durent d'ailleurs se contenter de regarder ce jour-là leur président sur écran.

Résumons: l'intervention de Nicolas Sarkozy était la seule à cette heure. Pas de tension particulière ni d'agitation sécuritaire donc, dans ce centre de briefing monté de toute pièce à l'extérieur du Grand Hotel Kempinski, pour que les grands de ce monde ne soient pas importunés par les reporters. Le reste s'est passé comme ça: Sarko est arrivé en retard, pressé. Eméché ? Cela ne m'est pas venu à l'esprit. Il ne titubait pas. Il semblait plutôt étonné d'être propulsé là, au milieu des journalistes, tous leur carnet de notes en main. Je l'ai senti plutôt angoissé par un grand vide. Pris de vertige. Un peu comme un trapéziste qui voit soudain le sol défiler sous lui. Il n'était pas serein (mais lui arrive-t-il de l'être?). Plus grave: il ne semblait pas non plus très bien préparé par ses conseillers à son premier punching-ball diplomatico-médiatique.

Le malaise venait du ton. Je l'ai dit dès la fin de la conférence à mon collègue Yves Petignat, aussi sur place pour couvrir le G8. L'hôte de l'Elysée était euphorique. Il planait. Au point de nous prévenir qu'il avait «gardé son calme» devant Poutine. Au point de demander, devant ses conseillers un tantinet éberlués, si « la diplomatie française peut lui accorder un peu de marge de manoeuvre »...Ce Nicolas Sarkozy paraissait éberlué, bluffé, étonné lui même d'être enfin là, dans ce «saint des saints» de la puissance mondiale. «Dans ce G8, on n'a pas une seconde, on court de réunion en réunion», a-t-il poursuivi. Regards déconcertés des confrères. Ce président-là ressemblait à un grand ado un peu perdu, sortant de sa pochette surprise ses propositions pour sauver le monde: moratoire de six mois sur le Kosovo, annonce d'une prochaine visite au Royaume uni pour convaincre Gordon Brown de soutenir son «traité simplifié»...

Je l'ai, pour tout dire, vraiment trouvé à côté de la plaque. Pas alcoolisé. Plutôt survitaminé. Comme dopé. Quelque chose sonnait faux dans ses mots. Il n'était pas ce soir là le chef de l'Etat français. Il était «Sarko»: cet énergique politicien qui vous veut du bien, vous sourit mécaniquement, est bourré de tics et ramène tout à lui: la victoire arrachée à Bush sur le climat, l'arrêt des souffrances au Darfour... Je l'ai suivi en campagne électorale, avec le correspondant du Temps à Paris Sylvain Besson. Il est comme ça. Il lui faut du pathos, de l'adhésion, une bonne dose de «Je», de «moi».

Amphétamines, alcool, déprime? Laissons de coté les rumeurs qui vagabondent sur l'internet. Ce qui m'a sidéré, en cette fin d'après-midi au G8, c'est que Nicolas Sarkozy ne parlait pas de l'état du monde. Il nous parlait de lui, de sa «franchise», de son «agenda», de son «calme». D'abord ivre d'être là. Saoulé par ses propres paroles.




Sylvain Besson et Richard Werly, Le Temps, 13 juin 2007.


(...)

Les médias français ont traité l'information avec une extrême retenue. Un extrait de la conférence de presse a été diffusé sur Canal+, mais aucun des grands journaux d'information télévisés n'en ont parlé. La presse écrite n'a guère évoqué le sujet. D'où l'idée, répandue chez les internautes, que les grands médias se seraient autocensurés par respect pour le pouvoir.

Cette théorie est réfutée par les intéressés. Selon une journaliste de France 2, il est impossible de prouver que le président était ivre, et l'événement est de toute façon trop ancien pour mériter un sujet. Un autre élément explique ce manque d'intérêt: à Heiligendamm, la plupart des journalistes français ont loupé l'apparition de Nicolas Sarkozy en raison de problèmes d'organisation.

Mardi, l'Elysée n'avait toujours pas fourni d'explication officielle sur cet épisode. Une chose est sûre: après son entretien avec Vladimir Poutine, Nicolas Sarkozy a été invité à se rendre à Moscou. Nul doute que sa conférence de presse sera observée avec beaucoup d'attention.



Quand Cécilia découvre la vidéo du G 8... 


Mercredi 20 juin 2007 | Le Parisien

Nicolas Sarkozy n'a vu que lundi soir en rentrant à son domicile - il n'habite pas encore à l'Elysée - la fameuse vidéo diffusée sur le Web montrant le début de sa conférence de presse au G 8, où il était arrivé après un entretien avec le président Poutine soi-disant ivre. Son épouse Cécilia et deux de ses enfants la regardaient et étaient hilares. Le président, lui, a été très étonné par toute cette polémique:

« J'étais en retard, j'ai donc monté les escaliers quatre à quatre, raconte-t-il. Je n'avais rien de particulier à dire. J'ai donc demandé s'il y avait des questions. Je ne bois pas une goutte d'alcool. Je n'ai pas de mérite : je n'aime pas cela. »

 


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