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Mr Beens au G8: un président se montrant vulnérable finirait bien par devenir attachant.
Un extrait de la conférence de presse donné par Sarkozy à
Heiligendamm, jeudi 7 juin à 17h30, après son entretien avec Poutine. Ce côté humain de Sarkozy que révèle ce clip ne peut que faire du bien à son image. Qui peut se passionner à long terme pour un héros sans faiblesse? Si la force inspire l'admiration, la vulnérabilité attire plutôt la sympathie. Sarkozy ayant atteint le poste tant convoité et n'ayant plus rien à prouver, il est possible qu'il parvienne maintenant à se détendre un peu et avec lui, la France aussi…
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Sarkozy bourré
Heiligendamm, jeudi 7 juin, 17h30
Source: La Deux / youTube
Cet extrait a été diffusé sur de nombreuses chaines TV. La version
présentée ici est sur youTube, ce qui vous permet de naviguer vers les
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Durée[m:s]: 0:49
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Compte rendu de Richard Werly, Le Temps, 13 juin 2007.
Oui, Nicolas Sarkozy avait bien l'air bizarre pour sa toute première conférence de presse donnée lors d'un G8.
Je vous parle en connaissance de cause. J'étais au troisième rang,
juste devant la caméra dont les images du président français circulent
aujourd'hui abondamment sur l'internet. Ceux qui avaient pu, comme moi,
atteindre le centre de briefing d'Heiligendamm étaient pour la plupart
dans la salle. Presque un exploit: les protestataires anti-G8 ayant
bloqué le train à vapeur reliant le centre de presse à la salle de
briefing, distants d'une dizaine de kilomètres, les rescapés avaient
été convoyés dans l'après-midi en bateau.... ou en hélicoptère.
Beaucoup de journalistes français, coincés et furieux, durent
d'ailleurs se contenter de regarder ce jour-là leur président sur écran.
Résumons: l'intervention de Nicolas Sarkozy était la seule à cette
heure. Pas de tension particulière ni d'agitation sécuritaire donc,
dans ce centre de briefing monté de toute pièce à l'extérieur du Grand
Hotel Kempinski, pour que les grands de ce monde ne soient pas
importunés par les reporters. Le reste s'est passé comme ça: Sarko est
arrivé en retard, pressé. Eméché ? Cela ne m'est pas venu à l'esprit.
Il ne titubait pas. Il semblait plutôt étonné d'être propulsé là, au
milieu des journalistes, tous leur carnet de notes en main. Je l'ai
senti plutôt angoissé par un grand vide. Pris de vertige. Un peu comme
un trapéziste qui voit soudain le sol défiler sous lui. Il n'était pas
serein (mais lui arrive-t-il de l'être?). Plus grave: il ne semblait
pas non plus très bien préparé par ses conseillers à son premier
punching-ball diplomatico-médiatique.
Le malaise venait du ton. Je l'ai dit dès la fin de la conférence à mon
collègue Yves Petignat, aussi sur place pour couvrir le G8. L'hôte de
l'Elysée était euphorique. Il planait. Au point de nous prévenir qu'il
avait «gardé son calme» devant Poutine. Au point de demander, devant
ses conseillers un tantinet éberlués, si « la diplomatie française peut
lui accorder un peu de marge de manoeuvre »...Ce Nicolas Sarkozy
paraissait éberlué, bluffé, étonné lui même d'être enfin là, dans ce
«saint des saints» de la puissance mondiale. «Dans ce G8, on n'a pas
une seconde, on court de réunion en réunion», a-t-il poursuivi. Regards
déconcertés des confrères. Ce président-là ressemblait à un grand ado
un peu perdu, sortant de sa pochette surprise ses propositions pour
sauver le monde: moratoire de six mois sur le Kosovo, annonce d'une
prochaine visite au Royaume uni pour convaincre Gordon Brown de
soutenir son «traité simplifié»...
Je l'ai, pour tout dire, vraiment trouvé à côté de la plaque. Pas
alcoolisé. Plutôt survitaminé. Comme dopé. Quelque chose sonnait faux
dans ses mots. Il n'était pas ce soir là le chef de l'Etat français. Il
était «Sarko»: cet énergique politicien qui vous veut du bien, vous
sourit mécaniquement, est bourré de tics et ramène tout à lui: la
victoire arrachée à Bush sur le climat, l'arrêt des souffrances au
Darfour... Je l'ai suivi en campagne électorale, avec le correspondant
du Temps à Paris Sylvain Besson. Il est comme ça. Il lui faut du
pathos, de l'adhésion, une bonne dose de «Je», de «moi».
Amphétamines, alcool, déprime? Laissons de coté les rumeurs qui
vagabondent sur l'internet. Ce qui m'a sidéré, en cette fin
d'après-midi au G8, c'est que Nicolas Sarkozy ne parlait pas de l'état
du monde. Il nous parlait de lui, de sa «franchise», de son «agenda»,
de son «calme». D'abord ivre d'être là. Saoulé par ses propres paroles.
Sylvain Besson et Richard Werly, Le Temps, 13 juin 2007.
(...)
Les médias français ont traité l'information avec une extrême retenue.
Un extrait de la conférence de presse a été diffusé sur Canal+, mais
aucun des grands journaux d'information télévisés n'en ont parlé. La
presse écrite n'a guère évoqué le sujet. D'où l'idée, répandue chez les
internautes, que les grands médias se seraient autocensurés par respect
pour le pouvoir.
Cette théorie est réfutée par les intéressés. Selon une journaliste
de France 2, il est impossible de prouver que le président était ivre,
et l'événement est de toute façon trop ancien pour mériter un sujet. Un
autre élément explique ce manque d'intérêt: à Heiligendamm, la plupart
des journalistes français ont loupé l'apparition de Nicolas Sarkozy en
raison de problèmes d'organisation.
Mardi, l'Elysée n'avait toujours pas fourni d'explication
officielle sur cet épisode. Une chose est sûre: après son entretien
avec Vladimir Poutine, Nicolas Sarkozy a été invité à se rendre à
Moscou. Nul doute que sa conférence de presse sera observée avec
beaucoup d'attention.
Quand Cécilia
découvre la vidéo du G 8...
Mercredi 20 juin 2007 |
Le Parisien
Nicolas Sarkozy n'a vu que lundi soir en rentrant
à son domicile - il n'habite pas encore à l'Elysée - la fameuse vidéo diffusée sur le Web montrant
le début de sa conférence de presse au G 8, où il était arrivé après un entretien avec le président
Poutine soi-disant ivre. Son épouse Cécilia et deux de ses enfants la regardaient et étaient
hilares. Le président, lui, a été très étonné par toute cette polémique:
« J'étais en retard,
j'ai donc monté les escaliers quatre à quatre, raconte-t-il. Je n'avais rien de particulier
à dire. J'ai donc demandé s'il y avait des questions. Je ne bois pas une goutte d'alcool. Je
n'ai pas de mérite : je n'aime pas cela. »
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