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Le pouvoir de Sarkozy angoisse les médias |
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Les médias alternatifs -
Extraits de presse
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Écrit par Maggy
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26-05-2007 |
FRANCE. Jamais un président n'a été en même temps aussi proche et aussi
redouté des journalistes.
Une menace pour la démocratie?
Par Sylvain Besson, journal Le Temps |
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Nicolas Sarkozy continue de faire la pluie et le beau temps dans les
médias français. En début de semaine, on apprenait que le directeur
adjoint de sa campagne, Laurent Solly, deviendrait bientôt numéro deux
de TF1, la principale télévision de France. La nouvelle n'a guère
surpris les milieux journalistiques du pays: le nouveau président
n'est-il pas une vieille connaissance de Martin Bouygues, le PDG du
groupe qui contrôle TF1?
Avant son élection, la proximité entre le candidat de droite et les
«puissances médiatiques» a été bruyamment dénoncée par Ségolène Royal
et François Bayrou. Elle continue d'inquiéter ses rivaux à l'approche
des législatives. Un responsable du Parti socialiste, Benoît Hamon, se
plaignait lundi de «l'omniprésence» du chef de l'Etat et de son
gouvernement à la télévision: «On ne peut rien faire. Si même son
week-end au fort de Brégançon devient un événement...»
Ces derniers mois, Nicolas Sarkozy a amplement démontré son pouvoir
sur la presse: éviction du rédacteur en chef de Paris Match, qui avait
publié une photo de Cécilia Sarkozy au bras d'un autre homme; pilonnage
d'un livre sur la vie sentimentale de Cécilia; suppression d'un article
du Journal du Dimanche révélant que la nouvelle «première dame» n'avait
pas voté au second tour de la présidentielle.
Jacques Espérandieu, rédacteur en chef de ce titre dominical, le
plus lu de France, dit avoir retiré l'article sur l'abstention de
Cécilia de son propre chef. Mais il y a été fortement encouragé par son
actionnaire principal, Arnaud Lagardère, un intime de Nicolas Sarkozy.
La partie cachée de l'histoire est la plus intéressante. Depuis le
mois de janvier, Jacques Espérandieu est en sursis en raison de
l'arrivée dans le groupe Lagardère de Christian de Villeneuve, l'un de
ses ennemis. Il ne doit son maintien en fonction qu'à l'intervention
de... Nicolas Sarkozy. Selon nos informations, ce dernier aurait
décrété durant la campagne présidentielle: «On ne touche pas à
Espérandieu car s'il saute, tout le monde va dire que c'est à cause de
moi.»
Mais au lendemain du premier tour, un membre de son entourage a mis
en garde des employés du JDD: «Dans quinze jours, Nicolas sera
président et votre patron [Espérandieu] va gicler.»
Ce genre de propos n'est pas de nature à stimuler l'esprit critique
des cadres du groupe Lagardère, qui contrôle aussi Paris Match: «Il y a
beaucoup d'autocensure, parce que chaque maillon de la chaîne se
demande ce qu'il y a dans la tête de ceux qu'il est censé servir»,
confie une personne qui travaille pour le JDD.
Pourtant, loin d'être un père Fouettard qui haïrait les
journalistes, Nicolas Sarkozy se soucie d'eux, les tutoie, parfois les
aime. «Lorsqu'il était porte-parole du gouvernement, en 1993-1995, il
passait sa vie à téléphoner dans les rédactions», témoigne Frédéric
Charpier, auteur d'une biographie du nouveau président*. «Il lui est
arrivé d'appeler des journalistes trois ou quatre fois en une journée
pour leur expliquer qu'ils se trompaient. Il faut beaucoup de
ressources pour résister.»
Car dans la profession, Nicolas Sarkozy a la réputation de pouvoir
faire ou défaire les carrières. Exemple typique: la chaîne publique
France 2, dont la direction risque de ne pas survivre au changement de
présidence. Pendant la campagne, les persiflages allaient bon train en
interne sur Michaël Darmon, le reporter chargé de suivre Nicolas
Sarkozy, qui était jugé trop indulgent. Depuis l'élection, l'ambiance a
changé: «Darmon est très courtisé, témoigne une journaliste de la
chaîne. Il a plein de nouveaux copains, on n'ose plus y toucher.»
L'aspect le plus secret des relations entre le président et les
médias est son rôle de source privilégiée des journalistes politiques.
«Pour eux, Sarkozy était une mine, il les informait directement depuis
son portable», relate Daniel Carton, auteur d'un livre** sur les
coulisses de la présidentielle. Son public favori: les chroniqueurs des
magazines et ceux qui écrivent les rubriques de type «bruits de
couloirs». Une rédactrice du Point, Catherine Pégard, vient d'être
nommée conseillère du chef de l'Etat. Selon plusieurs sources, celui-ci
a longtemps été l'un des informateurs préférés du Canard Enchaîné,
hebdomadaire satirique qui ne l'a pourtant pas épargné.
Une telle proximité n'est pas inédite - François Mitterrand la
pratiquait aussi - mais Nicolas Sarkozy l'a poussée à son paroxysme,
estime Edwy Plenel, l'ancien rédacteur en chef du Monde: «Il y a en
France une culture présidentialiste qui mine l'autonomie du
journaliste, parce qu'elle abolit la distance qui devrait le séparer du
politique. Sarkozy accentue les travers de ce régime.»
Désormais, pour les journalistes français, la question est de
savoir si le président utilisera ses nouvelles fonctions pour accroître
encore son influence dans les médias, ou s'il va s'impliquer moins
directement dans ce secteur qui a tant favorisé sa marche vers le
pouvoir.
* Nicolas Sarkozy, enquête sur un homme de pouvoir, Paris, Presses de la Cité, 2007.
** Une campagne off, chronique interdite de la course à l'Elysée, Paris, Albin Michel, 2007.
3 Commentaire(s)
 | par mc101May 28 2007 17:12:23Ce sujet traite du contenu de l'article: Le pouvoir de Sarkozy angoisse les médias
la question est de savoir si le président utilisera ses nouvelles fonctions pour accroître encore son influence dans les médias, ou s'il va s'impliquer moins directement dans ce secteur qui a tant favorisé sa marche vers le pouvoir
Monsieur Besson est-il vraiment sérieux en posant cette question? Pourquoi Sarkozy s'arreterait-il en si bon chemin, s'il peut avoir le beurre, l'argent du beurre et le ... de la crémière ???
Je crois personnellement qu'on est pas encore au bout de nos surprises. Mais on peut en tout cas lui reconnaître un sacré talent de s'entourer des gens qu'il faut à ce petit Sarko.  |
 | par CatherineJun 12 2007 08:30:23mc101 écrit:
Je crois personnellement qu'on est pas encore au bout de nos surprises.En effet, mais je ne suis pas encore très sûr dans quel sens...
Sarkozy a en tout cas le génie de pouvoir tenir des positions complètement contradictoires en roulant ses électeurs joyeusement dans la farine. Il génère autant de mensonges et d'hypocrisie qu'un homme politique normal mais il a un talent tout particulier pour l'enrober d'un parfait masque de sincérité, d'éclat people et d'image bonhomme rassurante de joggeur.
Mais si sa soif de pouvoir le dévore encore plus, on peut imaginer le pire comme je l'évoque dans ce message.
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 | par Pierre-HenriJul 11 2007 05:54:41Catherine écrit:
Sarkozy a en tout cas le génie de pouvoir tenir des positions complètement contradictoires en roulant ses électeurs joyeusement dans la farine. Il génère autant de mensonges et d'hypocrisie qu'un homme politique normal mais il a un talent tout particulier pour l'enrober d'un parfait masque de sincérité, d'éclat people et d'image bonhomme rassurante de joggeur.
Bonne analyse mais il me semble que ce talent de "rouleur dans la farine" ne parvienne pas à d'aussi bon résultat avec les autres dirigeants de nation. C'est normal, ces derniers connaissent la musique qu'ils pratiquent d'ailleurs eux-mêmes à leur mesure et ils s'attendent sans doute plus à de solides arguments qu'à un espèce de show pour enfants (soit pour électeurs)
Il y a définitivement quelque chose d'involontaire ou non dans le caractère de Sarkozy qui empêche de le voir comme un Président, tout du moins dans le sens qu'on avait l'habitude de donner à ce mot. Cela pour le meilleur et le pire... |
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