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Les journalistes complices des mensonges politiciens Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
L'espace de réflexion - Observations et Analyses
Écrit par AB   
24-05-2007

Résumé :
Une conférence de presse du candidat PS, adversaire de François Fillon dans la Sarthe aux prochaines législatives. Les journalistes sont français pour la plupart, mais, heureusement, il y a là un journaliste suisse, indépendant et scrutateur.

Sylvain Besson publie aujourd’hui un article dans un journal Suisse romand où il dit "naïvement" ce que ne disent pas intentionnellement ses confrères français. On parle beaucoup de l’impartialité des médias et des journalistes, mais fait-on autre chose qu’en parler ? On a en tout cas bien besoin de ces regards neutres qui nous viennent de l’étranger.

 

Dans un article paru aujourd’hui 24 mai 2007 dans Le Temps , Sylvain Besson nous explique comment on en arrive à ne plus croire ni aux discours politiques, ni aux articles des journalistes, qui finalement participent à la même danse médiatique, où on montre bonne figure et façade lisse. Dormez braves gens, tout va bien. Le journaliste « non-aligné » du Temps nous présente les deux faces de la campagne législative française, celle où rien n’est encore joué, illusion démocratique oblige, et où le PS reste vaillamment dans la course, et celle où plus rien n’est à espérer pour ceux qui ne sont pas étiquetés UMP.

Une dépêche AFP de ce lundi 21 mai nous informe avec conviction que :

«PARIS (AFP) - Stéphane Le Foll, bras droit du premier secrétaire du PS François Hollande, s'est dit lundi déterminé à l'emporter contre le Premier ministre François Fillon dans la 4e circonscription de la Sarthe. «Je suis dans ce département depuis 47 ans, j'habite là, je milite là-bas, […] », a souligné M. Le Foll lors du point de presse du parti. […] «J'ai la ferme volonté de l'emporter», a-t-il ajouté.»

On sent encore dans ce morceau choisi le plein essor de la bataille politique, un élan plein de vigueur vers une victoire possible. La défaite n’est pas de mise. Et pourtant…

C’est là que l’honnêteté, du moins on l’espère, du journaliste qui regarde l’arène depuis sa neutralité suisse, un peu comme on assiste au spectacle depuis un fauteuil confortable, avec passion, distance et œil critique - sans être impliqué par de quelconques intérêts, que d’ailleurs on ne comprend là même pas vraiment - nous sauve de l’ignorance véhiculée par le courant médiatique nivelant dominant. Du coup la mise en scène s’effondre, le vernis s’écaille et l’homme politique PS vaillant, qui n’était qu’à deux doigts journalistiques de la victoire, s’écroule en quelques mots. C’est ainsi qu’après le point presse officiel, où il se disait évidemment déterminé à gagner, le candidat Stéphane Le Foll admet, face aux mêmes journalistes, qu’il va « perdre tout seul ». On ne résiste pas aux commentaires du journaliste suisse qui souligne l’écart entre confession politique et façade AFP :

« Le même Le Foll se plaignait amèrement qu'aucune figure socialiste ne vienne le soutenir pour affronter le premier ministre, tout en jugeant ces défections assez normales, puisqu'il pense lui-même n'avoir aucune chance. Mais en langage AFP, cela donne:
«M. Le Foll devrait tenir le 6 juin un meeting dans sa circonscription avec des personnalités socialistes locales telles que Jacques Auxiette, président de la région Pays de la Loire et Jean-Claude Boulard, maire du Mans.»»

Ou de l’art de dire sans dire. C’est sans doute là qu’il faut savoir lire entre les lignes et voir ce que cache les informations données. Cette dépêche AFP, à y regarder de plus près, dessine en creux le potentiel de victoire nul de ce candidat qu’aucun éléphant ne viendra épauler. Mais tient-on finalement réellement à y regarder de plus près ?

Pour conclure, Sylvain Besson nous dit qu’il « trouve bizarre que ses confrères français marchent aussi facilement dans la combine. C'est quoi, la punition, si on révèle ce que les politiciens disent vraiment durant leurs briefings? » 1

Bonne question. Merci de l’avoir posée monsieur Besson. Des réponses ? En attendant dormez braves gens, on s’occupe de tout.

 

1. Voir: L'offre et la demande d'une relation de presse

 

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